Livres courts vs romans longs : le nombre de pages détermine-t-il la qualité ?
- Laurence Labbé
- 11 avr.
- 3 min de lecture
Vous vous demandez si un bon roman doit absolument faire 500 pages ? Vous pensez qu'un livre court ne peut pas être aussi captivant qu'un pavé ? Laissez-moi vous partager ma vision d'auteure et de lectrice passionnée sur cette question qui divise les amateurs de littérature.
Mon expérience : auteure et lectrice indissociables

Je suis à la fois auteure et grande lectrice, et pour moi, ces deux rôles sont indissociables. Comme je l'explique dans cet article de mon blog, lire et écrire vont de pair. J'écris des livres courts, généralement entre 100 et 250 pages, et voici pourquoi.
Pourquoi j'écris des livres courts

J'écris ce que j'aimerais lire. Et franchement ? J'apprécie autant, voire plus, un livre court mais captivant qu'un roman fleuve. Un livre court bien construit peut révéler la quintessence d'une œuvre, lui offrir une puissance et une profondeur qui se trouvent parfois diluées dans la course de fond d'un livre de 600 pages.
Bien sûr, il ne faut pas généraliser ! Je suis la première à reconnaître qu'un livre de plus de 500 pages peut me tenir éveillée toute une nuit, impossible de le lâcher. C'est arrivé par exemple avec « Shangrila » de Malcolm Knox (lu en 4 heures sans pause, la vaisselle attendra !), ou « Le cœur est un chasseur solitaire » de Carson McCullers. On a tous connu ça au moins une fois dans sa vie de lecteur, n'est-ce pas ?
Et puis il y a ces livres qu'on veut savourer le plus longtemps possible, sans jamais arriver à la fin. Pour moi, le dernier c'est « Aztèques dansants » de Donald Westlake, découvert récemment. Malgré ses 500 pages bien tassées, ce livre m'a tellement emportée et fait rire que je ne voulais jamais qu'il se finisse !
Le problème du remplissage
Mais voilà le hic : j'ai souvent l'impression que certains passages dans les livres ne servent qu'à faire du remplissage pour atteindre un nombre de pages « acceptable ». Et ça, ce n'est pas acceptable pour moi, lectrice. Comme je déteste ça, j'écris des livres où chaque passage a son intérêt, où chaque phrase compte.
Le nombre de pages est-il un critère de qualité ?
Chez les éditeurs traditionnels, la règle est d'éditer des livres d'environ 250 pages, sûrement pour des raisons de coût de production. Cependant, depuis l'émergence de l'IA, on voit des livres encore plus volumineux (et plus chers pour le lecteur). Mais sont-ils vraiment passionnants ?
Mon constat : beaucoup d'écrivains « fleuves » n'ont jamais été primés. Au contraire, la plupart des prix Nobel ou des grands auteurs reconnus ont écrit des petits livres qui, parmi leur œuvre imposante, figurent souvent parmi leurs « meilleurs » et sont très marquants.
Ma liste de petits livres que j'ai adorés
Steinbeck - « La perle »
Le Clézio - « L'Africain »
Echenoz - la trilogie « Des éclairs », « Ravel », « Courir »
Hugo - « Le dernier jour d'un condamné »
Panaït Istrati - « Les chardons du Baragan » (141 pages)
George Orwell - « La ferme des animaux »
Antoine de Saint-Exupéry - « Le Petit Prince »
Voltaire - « Candide » (160 pages)
Les auteurs habitués aux petits livres
Certains auteurs sont coutumiers des petits livres ; c'est un format habituel pour eux. Pensez à Amélie Nothomb, François Mauriac, Charles Bukowski, ou Peter Handke (sauf pour « Mon année dans la baie de personne »). Ces auteurs ont prouvé que la qualité n'est pas proportionnelle au nombre de pages.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
Voilà ma réflexion sur cette question qui me passionne. Mais j'aimerais vraiment connaître votre avis !
Que préférez-vous : les livres courts ou les romans longs ?
Avez-vous d'autres exemples de petits livres ou d'œuvres imposantes que vous adorez ou détestez ?
Avez-vous lu mes petits livres ? Racontez-moi vos expériences !
N'hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous ou à me contacter. J'adore échanger avec mes lecteurs sur nos passions littéraires !
Découvrez mes livres courts

Si vous êtes curieux de découvrir comment j'applique cette philosophie dans mes propres œuvres, je vous invite à consulter ma collection de livres. Vous y trouverez des histoires captivantes, bien construites et sans remplissage inutile.
À bientôt pour de nouvelles aventures littéraires !





FROM CATARINA VITI : Court ou long ? C'est un choix. Pour le poser sûrement, je crois qu'il faut savoir jusqu'où on est capable de tenir avec le texte. Parfois on sent que le projet doit être lâché dans une forme d'urgence, et cela donne un "court". Tout est histoire de concentration, de bonne place, de souffle. Donc non seulement un choix narratif, mais un choix de langue. D'autres projets réclament à corps et à cris un volume important. Ce sont des projets à très forte tension pouvant être diluée sans perdre la résistance. Murakami en est un exemple flagrant : il te parle de la pluie est du beau temps, mais tu ne lâches rien, parce que le dispositif…