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Faire relire et corriger un manuscrit : pourquoi, comment ?


Travail de correction de texte

Pourquoi il est indispensable de faire relire et corriger un manuscrit ?


Vous serez d'accord avec moi : il est indispensable de faire relire et corriger un manuscrit de façon professionnelle avant publication. Mais j'irais même plus loin : relire et corriger un manuscrit avant toute lecture extérieure me paraît essentiel. Bien sûr, vous allez me rappeler que les fautes d'orthographe et de français bénéficient d'une indulgence récente. Mais attention, même si quelques coquilles sont acceptées, nombreux sont encore les lecteurs, professionnels ou non, qui auront un a priori négatif face à un texte bourré d'erreurs, mal paginé, mal écrit. Or, si l'on fait lire un texte, c'est dans l'espoir qu'il soit accueilli avec bienveillance, ce serait donc dommage de saborder une première impression par simple négligence.

Ainsi, on ne peut adresser un manuscrit ou un projet à un éditeur s'il n'a pas été au minimum soigné dans sa rédaction, fond et forme. Et même si le texte n'est destiné qu'à des yeux a priori bienveillants, amis, voisins ou famille, il sera toujours mieux accueilli s'il a bénéficié d'un bon toilettage.


Bien sûr, la première étape est de relire et réécrire et corriger son texte soi-même. On utilise tous les outils que l'on veut : l'ouïe (oui, un texte chante !), la vue, le discernement, un correcteur type Antidote... quel que sera le soin apporté à cette étape renouvelée autant de fois que nécessaire, un oeil extérieur, si possible expérimenté, est toujours nécessaire. Que ce soit pour des écrits personnels ou professionnels, tout le monde le sait : on ne voit jamais ses propres erreurs.


Dans cette vidéo je réponds à la question de Christophe Lucius, fondateur du site monbestseller.com : comment pensez-vous pouvoir vous passer de l'expertise des professionnels ? Et ma réponse est bien qu'on ne s'en passe pas, même et surtout en cas d'auto-édition.





Comment faire relire et corriger un manuscrit ?


Quand on parle de faire relire et corriger un manuscrit, on pense tout de suite aux fautes d'orthographe. Mais la relecture et la correction ne s'arrête pas à ce "détail". Les correcteurs professionnels s'attardent aussi bien sur le fond que sur la forme : cohérence de l'histoire, de son déroulement, du titre et des illustrations avec le texte, mise en page et bien sûr orthographe, grammaire, syntaxe, typographie, tout est passé en revue très minutieusement. Et c'est, je le redis, indispensable. Lorsqu'on lit un texte il n'y a rien de plus agaçant que des incohérences en plus des fautes de style, qui vont décrédibiliser l'ensemble.

Il existe différents types de professionnels qui peuvent prêter attention à un texte. Dans le cas d'un roman, par exemple, on peut faire appel à des alpha-lecteurs, des bêta-lecteurs en plus des correcteurs.


C'est quoi une alpha lecture ?

L'alpha-lecteur est une personne qui accompagne l'écriture d'un roman et peut donc intervenir dès le début, ou en chemin. Son objectif est de guider l'auteur durant toute la phase d'écriture.


A quoi sert un bêta-lecteur ?

Le rôle du bêta-lecteur est de donner son avis sur l’histoire, sa crédibilité, les personnages, d'aider l'auteur à améliorer son histoire. Il intervient en général en fin de processus, mais l'auteur peut avoir encore beaucoup de travail de réécriture après son intervention, par exemple s'il lui est suggéré de changer le caractère d'un personnage ou un angle d'analyse.

Selon les bêta-lecteurs, il peut donner simplement un avis de lecture général comme le ferait un lecteur lambda, ou faire une correction très poussée, incluant le travail du correcteur.


Le correcteur professionnel

Le correcteur professionnel rend l'épreuve avec des corrections normées qui portent aussi bien sur le fond que sur la forme : cohérence, mise en page et bien sûr orthographe, grammaire, syntaxe, typographie. Par contre, il ne donnera généralement pas d'avis sur son expérience de lecture comme le fera le bêta-lecteur.



Voici des illustrations d'épreuves corrigées par un correcteur pro (manuscrit de l'Albatros). Le correcteur passe en dernier, après les corrections de l'auteur, d'Antidote, des relecteurs et comme vous pouvez le voir, il reste encore beaucoup de coquilles ! Ce qui prouve qu'un oeil extérieur expérimenté est indispensable. Evidemment, on peut avoir l'impression de ne jamais en finir, car il suffit d'avoir envie de changer un passage après correction pour devoir tout recommencer ...


Où trouver des lecteurs et correcteurs professionnels ou avisés ?


Vous pouvez faire appel à des connaissances, aux réseaux sociaux ou à des plate-formes qui proposent ce type de service, officiellement ou par le biais d'échanges de bons procédés.


Pour illustrer cette question, je vais vous raconter quelques-unes de mes aventures. Car oui, faire relire et corriger un manuscrit ne se limite pas à une simple corvée. Bien au contraire, il est fréquent que cet échange se transforme en formidable aventure humaine ! Et j'ai sans doute plusieurs anecdotes concernant chacun de mes livres pour illustrer cette épopée. En voici quelques-unes, mais j'en oublie certainement. Aussi, si vous avez participé à la relecture ou correction d'un de mes livres, n'hésitez pas à témoigner en commentaires ! :-)


La grande aventure de la relecture et de la correction


Mon premier roman publié La puissance des ordinaires, a été passé au crible des lecteurs de Monbestseller.com qui ont joué le rôle d'alpha-lecteurs, bêta-lecteurs et correcteurs ! Et je ne les remercierai jamais assez ! Lorsque j'ai mis à disposition le projet de roman sur le site, je pensais l'avoir terminé. Mais entre cette version et celle qui a été commercialisée, les yeux experts de Michel Canal ont traqué la moindre erreur de français, Hubert Letiers a fait une analyse fine de mes intentions et m'a fait réécrire entièrement la dernière partie, Patrick Letellier m'a encore apporté d'autres idées pour mes personnages et mon déroulement, et d'autres encore ont contribué... Tout cela a donné lieu à des échanges passionnés et enflammés pour analyser, corriger nos oeuvres communes.


Et enfin, Pascalou, ancien correcteur professionnel dans un grand groupe de presse, m'a fait l'honneur d'exercer son art sur les feuillets de mon manuscrit, comme il l'a fait pour tous les suivants. Je lui dois énormément, donc encore un grand merci !


Le second volume de La puissance des ordinaires, publié l'année suivante, a bénéficié du réseau Monbestseller mais aussi et surtout d'un travail énorme, attentif et minutieux de Nathalie Vignal, autrice de Fantasy (Les Maîtres de Pierre...). Je ne me souviens plus exactement comment cela s'est passé, il me semble que c'est elle qui m'a proposé ce service, peut-être à la faveur d'une discussion sur Facebook à propos de la littérature, ou peut-être qu'elle avait lu mon premier opus. Quoi qu'il en soit, elle m'a accompagné pendant l'écriture et jusqu'à la fin et a réalisé un travail complet d'analyse et de correction (ce qui n'a pas empêché la correction professionnelle finale bien entendu). Cet ouvrage porte donc, quelque part entre les lignes, la signature de Nathalie.


C'est ainsi que l'on peut dire que chaque ouvrage est empreint de l'âme de ses correcteurs et relecteurs qui s'ajoute à celle de son auteur. Bien malin qui démêlera l'écheveau ! :-)


Mon petit roman humoristique Comment je n'ai jamais réussi à attraper le père Noël est une exception. Il a été écrit tellement vite -si je n'avais pas peur pour mon ego je dirais dans un trait de génie, mais après tout pourquoi ne pas assumer, puisque c'est un peu ce que nous attendons tous, nous auteurs et pour ma part, il n'arrive pas si souvent, le trait de génie-, ce petit roman donc écrit pratiquement d'un souffle, a bénéficié d'un seul relecteur en amont, un ami d'une amie rencontré à la piscine à qui je confiai entre deux banalités que j'étais en train d'achever un livre. Il se montra intéressé pour le lire, je lui envoyai par mail et la réponse fut que c'était génial ! Alors là je peux vous dire que pour un auteur, ce mot constitue le graal (lorsqu'il paraît sincère bien sûr !). Je crois même qu'il a fait quelques corrections mais également m'a apporté des suggestions de génie également, comme le nom de la bande de motards. Donc, de la même façon, s'il me lit, je le remercie encore et encore pour cet échange totalement improbable, improvisé et presque incroyable ! Bien entendu, la correction professionnelle est encore une fois passée avant publication ... Et succès !


Le troisième volume de La puissance des ordinaires avait été relu par mon ami Marc Benassy, qui est devenu auteur lui aussi. Il avait émis quelques réserves, justifiées. J'ai un peu retravaillé le texte, mais finalement cette aventure en Afrique du Sud me plaisait bien ainsi et j'ai pris le risque pour une fois, de n'écouter (presque) que mon coeur.


Alors on voit avec tout ça que les ouvrages publiés, en tous cas pour ma part et en ce qui concerne aussi nombre d'auteurs, font l'objet d'attentions et de travail de fignolages intensifs, en dehors de l'écriture et de la réécriture opérée par l'écrivain : cent fois il faudra remettre l'ouvrage sur la table, dit-on et c'est bien le cas.


Pour autant, on ne peut échapper à quelques coquilles restantes, c'est le cas dans tous les livres, même chez les plus grands éditeurs, même après le passage d'armées de correcteurs et même au siècle dernier ou aux précédents : sur des centaines de milliers de caractères, il y en a toujours un ou deux qui glissent hors du champ de l'attention.


Pour Comment sauver le monde de chez soi, c'est encore une fois une aventure extraordinaire qui s'est produite, après publication. J'ai été contactée par Laure Darras, qui avait beaucoup aimé mon livre. Orthophoniste de profession, elle m'adressait par mail des corrections de typographie et quelques coquilles sur les cinq premiers chapitres, et me proposait de réaliser le travail sur l'ensemble de mon manuscrit ! Je savais que ce travail était énorme, j'ai donc été surprise, d'autant qu'on ne se connaissait pas.

Je remercie encore Laure pour sa générosité et son très grand professionnalisme.

Je crois qu'elle réalise à présent des prestations pour les auteurs et donc vous pouvez la contacter par le biais des réseaux sociaux. Laure, si tu me lis, indique en commentaires si l'on peut te contacter !


Il faut savoir qu'un livre proposé en impression à la demande comme les miens, peuvent être corrigés, à la marge bien sûr, même après publication. Ainsi, il m'est souvent arrivé que des lecteurs bienveillants me signalent quelques coquilles après lecture et il est toujours possible en prenant ces remarques en compte, d'approcher la perfection. Je remercie Alice Quinn qui se donne ce mal à chaque ouvrage qu'elle lit, et bien d'autres, n'hésitez pas à me faire un petit coucou en commentaires pour compléter cet article !


Pour finir, je vais vous conter en images la formidable aventure de relecture et correction de mon roman Les allées du pardon et pour cela je dois citer une grande dame, écrivaine, dont la générosité s'est glissée entre les pages de bon nombre d'auteurs pour donner corps, dimension et hauteur aux textes : Dominique Lebel. Vous pouvez la suivre sur les réseaux sociaux et lire ses livres !



Travail de correction
Travail de correction

Impressions, commentaires et argumentaires de correcteur


Les commentaires sur l'unicité du style témoignent de la réflexion et du travail poussé de la correctrice.

Il est très rare que ce travail soit aussi complet ! C'est pourquoi Dominique est une personne rare.

Dans la première version de mon texte, mon héros avait des problèmes digestifs, en référence au héros de la conjuration des imbéciles. Dominique a trouvé que cela était en décalage avec le ton du récit, sans doute dans un ton un peu lourd, et j'ai donc supprimé cette particularité physique de mon personnage. Ensuite, elle m'a avoué qu'elle n'avait pas lu John Kennedy Toole... Je ne saurais donc jamais si j'ai vraiment eu raison de supprimer tous ces passages... Mais je pense que suivre ses conseils étaient vraiment une bonne chose. Il faut se laisser porter ! J'ai toujours le travers de tomber dans la gaudriole dans mes écrits, car c'est une façon de voir les choses que j'adore personnellement. Mais parfois il faut savoir lutter contre ses habitudes pour prendre de la hauteur comme elle me l'a conseillé. Rassurez-vous, je suis retombée dans le travers comique et humoristique pour les ouvrages suivants ! :-) Mais là, c'est vrai que l'humour choisi était un peu lourd ce qui ne cadrait pas avec le style classique que j'avais adopté pour ce roman.



Quand le correcteur s'amuse


Dominique s'est même amusée à faire des recherches sur le prénom de mon héros, Théodule. Je l'ai choisi original et rare comme celui du héros de la conjuration des imbéciles. Et voici ce qu'elle a trouvé ! étonnant, non ?


Recherches de correcteur

Dominique a l'habitude d'illustrer ses textes et j'adore son petit personnage !


Bon, elle s'est aussi amusée à faire des comparaisons entre romanciers, sur ce point, je vous laisse juges :-)



Conclusion


Voilà j'espère avec cet article vous avoir étonné, amusé et surtout convaincu de la nécessité de faire appel à des avis extérieurs avant le partage ou la publication d'un texte.


Chaque ouvrage a été l'occasion pour moi d'échanges extraordinaires avec beaucoup d'auteurs, de professionnels, de lecteurs, anonymes ou avec lesquels je suis devenue amie.


Et bien sûr, il m'est arrivé à de multiples reprises, et il m'arrive encore, de me livrer au jeu du bêta-lecteur, ou du commentateur après publication. Je précise toujours que mon point de vue ne sera pas professionnel ! Mais il peut toujours aider.


Je vous remercie pour la lecture de cet article. Je suis impatiente de découvrir vos commentaires !


***


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Merci et à bientôt !

pour la suite de nos aventures passionnées et passionnantes !









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4 Comments

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Guest
May 05
Rated 5 out of 5 stars.

Coucou chère Laurence... Merci pour ton article ! Soigné comme toujours.

Tout d'abord, j'avoue faire partie de ces gens pénibles qui n'aiment pas les fautes. Peut-être qu'avoir eu une mère élevée par des agrégés de français latin et grec y est pour quelque chose, mais surtout, je trouve que les fautes ôtes toute crédibilité à un texte.

je suis loin d'être aguerrie, mais voici ma façon de procéder, puisque je n'ai pas les moyens financiers de me faire corriger. D'abord, je relis tout ce que j'ai écrit la fois précédente. Ensuite, j'ai un alpha-lecteur qui me lit au fur et à mesure. Si je passe trop vite sur une scène ou s'il manque des explications, ou de cohérence, il me…

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Merci beaucoup Gwenn pour ton témoignage, c'est exactement cela qui est intéressant, partager nos expériences et nos façons de faire et puis voir si on peut faire mieux, ou autrement... ou pas ! Merci en tous cas, à bientôt sur nos blogs respectifs et autres :-)

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Rated 4 out of 5 stars.

Tu éludes l'aspecct financier des corrections... S.

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Tu as raison Sylvain, je n'ai pas parlé du tarif. je pense qu'il diffère selon la prestation et les correcteurs et peut-être selon l'accord.

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